2004-12-14

Démocratie économique et consommation


Après le travail et la production, la consommation est l’aspect le plus apparent de l’activité économique. À tous les jours (ou presque), nous achetons des biens et des services : nourriture, vêtements, logement, livres, assurances, médicaments, films sur vidéo, jouets pour les enfants, etc.

La question se pose alors : la démocratie économique peut-elle s’appliquer à la consommation? Acheter quelque chose – c’est-à-dire agir en consommateur – n’est pas simplement un acte individuel? En effet, plusieurs diraient que nous avons un seul mais grand pouvoir comme consommateurs : celui d’acheter un produit plutôt qu’un autre, acheter d’une compagnie plutôt que d’une autre, ou ne pas acheter du tout. Ceci est manifestement vrai ; j’ai un impact sur le marché par mes choix de consommation. Mais il faut aller plus loin.

Selon l’idéologie néo-libérale, le marché implique un espace où les consommateurs sont libres de faire des choix. Ceci est vrai pour un grand nombre de biens ou de services… mais pas pour tous. Certains biens et services sont « essentiels » à la vie humaine, et, dans un sens, nous n’avons pas le « choix » de les consommer ou non : pensons notamment au logement , à la nourriture, à l’habillement, aux soins minimaux de santé et aux médicaments, etc. Sans ces biens, nous ne pouvons simplement pas vivre. Ils sont donc de nature différente de biens « non-essentiels ». Ce sont ces biens essentiels qui peuvent et doivent être soumis à des pratiques de démocratisation.

Sous cette rubrique, nous allons notamment aborder des thèmes liées aux coopératives de consommateurs (logement, alimentation, ou autres), ainsi qu’aux diverses associations de défense des droits des consommateurs. La question du crédit sera aussi abordée. Nous allons également toucher aux thèmes liés au contrôle des monopoles.






COMMENTAIRES

Je me demande comment préciser le problème causé par le fait de concevoir les biens «essentiels» comme si nous avions le choix de les consommer... En effet, on pourrait simplement dire que cette distinction n'est pas elle-même «essentielle», dans la mesure où le libre marché se charge de répondre à la demande. Si le problème est l'accès à ces biens, il faudrait préciser l'enjeu afin de justifier l'idée qu'ils «doivent» être sujet à une démocratisation. D'ailleurs, le marché répond-t-il à la demande de biens «essentiels»? Tout cela peut paraître évident, mais c'est tout de même fondamental.

Par Philippe Bélanger le 2004-12-16 07:13

I like the layout of the websote. Keep up the good work Pierre!

Par James Valcke le 2004-12-16 12:02



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