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La crise financière doit nous amener à réfléchir à l'imputabilité des gestionnaires des fonds de pensions publics. Hier, nous avons eu les explications de l'ex-président de la Caisse de dépôt et de placement du Québec tentant d'expliquer les pertes de près de 40 milliards.
Cette situation très inquiétante m'a beaucoup fait réfléchir. Et pas seulement à cause des pertes financières. Le déficit de responsabilité est presque aussi pire que le déficit financier.
Depuis des années, nous parlons, sur ce site, de l'importance de démocratiser l'économie, notamment au niveau des investissements. Le principe est le suivant : si nous impliquons les citoyens dans la prise de décision, nous aurons, à long terme, une économie meilleure. Mais dans le cas de la Caisse de dépôt, comment "démocratiser" une telle institution?
Le problème vient du fait qu'une telle institution doit avoir une certaine indépendance. On ne peut quand même pas avoir une assemblée générale de la Caisse avec tous les "actionnaires", c'est-à-dire 7 millions de Québécois. On ne peut pas s'attendre à ce que des centaines de milliers de personnes acquièrent immédiatement la compétence pour faire une évaluation juste de ces grands portefeuilles financiers.
D'un autre côté, ce serait une erreur de trop politiser cette question, comme tente de le faire l'opposition péquiste et adéquiste (ou comme tentaient de le faire les libéraux avant eux). Je doute assez fortement qu'une Commission parlementaire suffise à faire la lumière qui est nécessaire ici ; nous avons besoin d'une analyse rigoureuse, pas trop d'attaques partisanes. Je ne me fie pas non plus à l'ADQ pour avoir l'honnêteté intellectuelle requise pour ce débat.
Donc, on fait quoi?
J'ai presque envie de proposer deux choses.
Premièrement, il doit y avoir une Commission spéciale pour examiner les causes des pertes et des problèmes. Cette Commission devrait avoir un mandat assez large et avoir la capacité de faire des recommandations. Elle devrait aussi être la plus transparente que possible. Mais pourquoi ne pas faire une Commission publique (composé de sages et d'experts intègres et indépendants) plutôt qu'une Commission parlementaire? La Caisse, après tout, appartient au public, pas aux politiciens.
Deuxièmement, pourquoi ne pas ouvrir un peu plus les portes de la Caisse à des pratiques démocratiques? Il faudrait commencer petit. Par exemple, la Caisse gère 18 fonds différents. Elle pourrait certainement créer un petit fonds (disons de 3 milliards) qui serait soumis à des règles différentes et qui pourrait être, lentement mais sûrement, démocratisé. Au moins, avoir une assemblée générale annuelle avec de la représentation citoyenne (disons 10 personnes par comté provincial). Ceci nous permettrait ensuite d'examiner la possibilité d'élargir cette pratique, selon le succès.